Maladies des abeilles : bactériennes, virales, causes et prévention

Les maladies des abeilles, bactériennes et virales, constituent aujourd’hui l’un des principaux facteurs de fragilisation des colonies d’abeilles domestiques (Apis mellifera). Longtemps considérées comme secondaires par rapport aux intoxications ou au parasitisme, elles sont désormais reconnues comme des éléments centraux du phénomène de mortalité des colonies.

Cette page a pour objectif de proposer une synthèse scientifique, technique et opérationnelle sur ces maladies, en s’appuyant sur les connaissances apicoles actuelles, les données institutionnelles et l’expérience de terrain.


Maladies des abeilles : bactériennes, virales, causes et prévention

À retenir

Les maladies des abeilles résultent rarement d’une cause unique. Elles apparaissent le plus souvent lorsque plusieurs facteurs de stress se cumulent, en particulier le parasitisme par Varroa destructor, la malnutrition et des conditions environnementales défavorables. Une colonie peut être porteuse de virus ou de bactéries sans symptômes visibles, jusqu’à la rupture de son équilibre. La prévention repose donc avant tout sur une bonne conduite apicole, la maîtrise du varroa et le maintien de colonies fortes.

Table des matières

Pourquoi les maladies infectieuses sont un enjeu majeur en apiculture moderne

Maladies apicoles: Chiffres clés 2025-2026

Pertes hivernales moyennes en France : 22-25 % des colonies.
Plus de 90 % des ruchers européens hébergent au moins un virus.
DWV présent dans plus de 70 % des colonies, souvent asymptomatique. est présente de manière endémique sur l’ensemble du territoire.
Loque américaine : endémique, plan national de lutte actif depuis 2024, avec déclaration obligatoire et destruction stricte des colonies infectées.
Loque européenne : fréquente mais opportuniste, certaines colonies se rétablissent spontanément.

Effondrement des colonies : rôle des agents pathogènes

Les pertes de colonies observées depuis le début des années 2000 ne peuvent être attribuées à une cause unique. Les maladies bactériennes et virales des abeilles agissent en synergie avec d’autres facteurs de stress : pression parasitaire (notamment Varroa destructor), carences alimentaires, exposition aux pesticides, changements climatiques et pratiques apicoles inadaptées.

Les agents pathogènes affaiblissent les colonies de manière progressive. Une infection bactérienne du couvain réduit le renouvellement des abeilles, tandis que les virus affectent directement la longévité, le comportement et les capacités physiologiques des individus. À terme, la colonie devient incapable d’assurer ses fonctions vitales : thermorégulation, élevage du couvain, défense et stockage des ressources.

Impact économique, écologique et sanitaire

Au-delà des pertes directes pour l’apiculteur (colonies détruites, baisse de production de miel, renouvellement du cheptel), les maladies des abeilles ont un impact écologique majeur. Les abeilles jouent un rôle essentiel dans la pollinisation des plantes cultivées et sauvages. Toute diminution de leur population affecte directement la biodiversité et la sécurité alimentaire.

Sur le plan sanitaire, certaines maladies bactériennes, comme la loque américaine, sont strictement réglementées en raison de leur fort pouvoir de dissémination et de leur persistance dans l’environnement.

Maladies apicoles: Les Chiffres clés

En France, les pertes hivernales moyennes dépassent régulièrement 20 % des colonies.
Plus de 90 % des colonies européennes sont porteuses d’au moins un virus.
La loque américaine est présente de manière endémique sur l’ensemble du territoire.

Classification des maladies infectieuses chez les abeilles

Différence entre maladies bactériennes et maladies virales

Les maladies bactériennes et virales des abeilles se distinguent par la nature de l’agent infectieux, leur mode de propagation et leurs conséquences sanitaires.

Les maladies bactériennes sont principalement causées par des bactéries sporulantes capables de survivre plusieurs décennies dans l’environnement. Elles affectent majoritairement le couvain et entraînent souvent des mesures sanitaires lourdes.

Les maladies virales, quant à elles, sont provoquées par des virus intracellulaires obligatoires (qui ne peuvent se reproduire qu’à l’intérieur des cellules d’un hôte). Elles touchent aussi bien le couvain que les abeilles adultes, avec des symptômes parfois discrets voire invisibles.

Pourquoi certaines maladies sont réglementées et d’autres non

Les maladies réglementées sont celles qui présentent un risque élevé de diffusion et des conséquences graves à l’échelle collective. La loque américaine est classée danger sanitaire de catégorie 1, impliquant une déclaration obligatoire et des mesures de police sanitaire.

À l’inverse, les maladies virales, bien que très répandues, ne font pas l’objet de réglementation stricte en raison de l’absence de traitement curatif et de leur présence quasi généralisée dans les ruchers.

L’impact du stress

Une colonie peut héberger plusieurs virus simultanément sans présenter de symptômes visibles, jusqu’à ce qu’un facteur de stress déclenche l’expression clinique de la maladie.

Image quadriptyque montrant quatre types de maladies infectieuses des abeilles : loque américaine, loque européenne, virus DWV et Nosema, avec larves et abeilles adultes affectées.

Les maladies bactériennes des abeilles : panorama complet

Définition et caractéristiques générales

Les maladies bactériennes des abeilles affectent principalement le couvain. Elles sont dues à des bactéries capables de se multiplier rapidement dans les larves et, pour certaines, de former des spores extrêmement résistantes. Ces spores peuvent contaminer durablement les cadres, le matériel apicole, le miel et la cire.

Les deux grandes loques du couvain

Chez l’abeille domestique, deux maladies bactériennes dominent : la loque américaine et la loque européenne. Bien que leurs noms soient proches, leurs agents responsables, leur gravité et leur gestion sanitaire diffèrent profondément.

Ne pas confondre loque américaine et loque européenne

La confusion entre loque américaine et loque européenne est fréquente chez les apiculteurs débutants. Pourtant, les conséquences réglementaires et les décisions à prendre sont radicalement différentes.

La loque américaine : modèle type de maladie bactérienne grave

La loque américaine est causée par Paenibacillus larvae, une bactérie sporulante produisant des spores capables de survivre plusieurs décennies dans l’environnement apicole.

Agent responsable et cycle de contamination

Les larves sont contaminées par ingestion de spores présentes dans la nourriture larvaire. Après l’operculation, la bactérie prolifère, entraînant la mort de la larve et la formation d’une masse brunâtre visqueuse à l’odeur caractéristique.

Symptômes typiques observés au rucher

Le couvain devient très irrégulier, les opercules sont affaissés et perforés, et le test de l’allumette révèle une matière filante.

Cadre réglementaire et plan de lutte

En France, la loque américaine fait l’objet d’un plan national de lutte renforcé depuis 2024. La confirmation d’un foyer entraîne une déclaration obligatoire, la mise sous surveillance du rucher, la destruction des colonies infectées et l’élimination ou la désinfection stricte du matériel contaminé.

Cadre de couvain atteint de loque américaine avec opercules affaissés

La loque européenne : une maladie bactérienne opportuniste

La loque européenne est provoquée par Melissococcus plutonius, souvent associée à des bactéries secondaires telles que Paenibacillus alvei. Elle touche principalement le couvain ouvert.

Couvain de ruche infecté par la loque européenne : larves jaunâtres ou brunies dans les alvéoles, couvain irrégulier, abeilles adultes autour.

Conditions favorables à son apparition

Elle apparaît surtout dans les colonies affaiblies, en période de disette ou de déséquilibre nutritionnel.

Mode de propagation et évolution

La transmission se fait par contact mécanique, par les fèces des abeilles nourrices et par le matériel contaminé. Sans mesures sanitaires adaptées, la maladie peut persister plusieurs années dans un rucher.

Loque européenne: le rétablissement des colonies

Contrairement à la loque américaine, certaines colonies peuvent se rétablir spontanément après amélioration des conditions de vie et renforcement de la population.

Les maladies virales des abeilles : une menace souvent invisible

Qu’est-ce qu’un virus chez l’abeille?

Les virus des abeilles sont de très petite taille et se multiplient uniquement à l’intérieur des cellules hôtes. Ils peuvent rester latents longtemps.

Pourquoi les maladies virales sont sous-diagnostiquées

Les symptômes sont souvent non spécifiques : baisse de vitalité, diminution de la population, troubles du comportement.

Le Varroa, vecteur des maladies

Le varroa agit comme un véritable vecteur biologique, injectant directement les virus dans l’hémolymphe de l’abeille.

Panorama des principales maladies virales des abeilles

Les maladies virales des abeilles sont nombreuses, souvent discrètes et très largement sous-estimées en apiculture. La majorité d’entre elles est étroitement liée à la présence de Varroa destructor, qui agit à la fois comme vecteur mécanique et biologique des virus, tout en affaiblissant profondément le système immunitaire des colonies.

Une colonie peut héberger simultanément plusieurs virus sans présenter de signes cliniques apparents. L’expression de la maladie survient généralement à la suite d’un stress : forte infestation par le varroa, carence alimentaire, conditions climatiques défavorables ou association avec d’autres agents pathogènes (nosémose, loque européenne).

Principaux virus rencontrés chez l’abeille domestique

  • Virus des ailes déformées (DWV) : abeilles aux ailes atrophiées ou froissées, incapables de voler, durée de vie très réduite, presque toujours associé à une forte infestation par le varroa.
  • Virus du couvain sacciforme (SBV) : larves à aspect aqueux en forme de « sac », jaunissant puis brunissant, mourant avant la métamorphose.
  • Virus de la paralysie aiguë (ABPV) : paralysie rapide, tremblements, mortalité brutale d’abeilles adultes.
  • Virus de la paralysie chronique (CBPV – maladie noire) : abeilles noires, glabres, luisantes, tremblantes, souvent rejetées à l’entrée de la ruche.
  • Virus de la reine noire (BQCV) : cellules royales jaunissant puis noircissant, larves de reines se désintégrant avant émergence.

Tableau récapitulatif des principaux virus des abeilles

VirusSymptômes dominants observablesStade principalement touchéFacteur déclenchant majeur
DWV (Deformed Wing Virus / ailes déformées)Ailes atrophiées ou froissées, abeilles rampantes, abdomen raccourci, vie très courteAbeilles adultesForte infestation par Varroa destructor
SBV (Sacbrood Virus / couvain sacciforme)Larves en « sac », jaunâtres puis brunies, couvain irrégulier, mortalité avant l’émergenceCouvainColonies affaiblies, stress nutritionnel
ABPV (Acute Bee Paralysis Virus / paralysie aiguë)Paralysie rapide, tremblements, mortalité brutale d’adultesAbeilles adultesVarroa, stress environnemental
CBPV (Chronic Bee Paralysis Virus / maladie noire)Abeilles noires, glabres, tremblantes, incapables de volerAbeilles adultes âgéesForte densité de colonies, interactions fréquentes (trophallaxies)
BQCV (Black Queen Cell Virus / reine noire)Cellules royales noircies, larves de reines désintégrées, absence d’émergenceReines en développementStress, susceptibilité génétique, mauvaise nutrition

Virus apicoles: Les Chiffres clés

Plus de 90 % des colonies européennes hébergent au moins un virus, et plus de 70 % sont porteuses du DWV, le plus souvent de manière asymptomatique.

Le virus des ailes déformées (DWV) : un cas d’école

Le virus des ailes déformées (Deformed Wing Virus, DWV) est aujourd’hui considéré comme le virus le plus répandu et le plus destructeur chez l’abeille domestique. Sa dangerosité ne provient pas uniquement du virus lui-même, mais surtout de son interaction étroite avec le parasite Varroa destructor, qui a profondément modifié son pouvoir pathogène.

Description du DWV et lien étroit avec le varroa

À l’origine, le DWV était présent de manière largement asymptomatique dans les populations d’abeilles. L’introduction et la généralisation de Varroa destructor ont radicalement changé la situation.
Le varroa agit comme un vecteur biologique, inoculant directement le virus dans l’hémolymphe des larves et des abeilles adultes lors de ses piqûres. Ce mode de transmission contourne les défenses immunitaires naturelles de l’abeille et entraîne une multiplication massive du virus.

En parallèle, le varroa affaiblit le système immunitaire de l’abeille, ce qui favorise la réactivation de charges virales latentes et l’apparition de symptômes cliniques sévères.

Symptômes visibles chez les abeilles

Les symptômes caractéristiques du DWV sont facilement reconnaissables au rucher lorsque la maladie est déclarée :

  • abeilles naissant avec des ailes atrophiées, froissées ou absentes ;
  • abdomen raccourci et malformé ;
  • incapacité à voler, abeilles rampantes devant la ruche ;
  • durée de vie très fortement réduite.

Les abeilles atteintes sont généralement expulsées par les ouvrières ou meurent rapidement à proximité de la ruche, ce qui entraîne une chute rapide de la population.

Conséquences à long terme sur la colonie

À l’échelle de la colonie, le DWV provoque un déséquilibre démographique majeur. Le renouvellement des abeilles devient insuffisant, les tâches essentielles (élevage du couvain, thermorégulation, butinage) ne sont plus assurées correctement et la colonie entre dans une spirale de déclin.

En l’absence de maîtrise efficace du varroa, une colonie fortement touchée par le DWV est généralement condamnée à moyen terme.

Abeille atteinte du virus des ailes déformées DWV

Reconnaître le DWV sur le terrain

Au printemps, la présence d’un grand nombre d’abeilles rampant devant la planche d’envol, aux ailes tordues et au corps rabougri, oriente très fortement le diagnostic vers une infection par le DWV associée à une varroase non contrôlée.

Modes de transmission des maladies bactériennes et virales des abeilles

Transmission directe et indirecte

Les maladies bactériennes et virales se transmettent par de multiples voies :

  • contacts directs entre abeilles ;
  • trophallaxies (échanges de nourriture) ;
  • pillage entre colonies ;
  • dérive des butineuses ;
  • utilisation de cadres, ruches ou matériel contaminés.

Les échanges non maîtrisés de matériel apicole constituent l’un des principaux facteurs de diffusion des maladies à l’échelle d’un rucher ou d’un territoire.

Rôle central du varroa

Varroa destructor joue un rôle déterminant dans la propagation des viroses. En se nourrissant sur les larves et les abeilles adultes, il :

  • transporte les virus dans sa salive ;
  • les injecte directement dans l’organisme de l’abeille ;
  • affaiblit les défenses immunitaires, aggravant l’expression clinique des maladies.

Autres facteurs aggravants

Plusieurs facteurs favorisent l’apparition ou l’aggravation des maladies virales :

  • malnutrition (manque de pollen ou de réserves en miel) ;
  • stress climatique (froid prolongé, humidité) ;
  • confinement hivernal long ;
  • transhumances répétées ;
  • co-infections (nosémose, loque européenne).

Le saviez-vous ?

Une colonie peut héberger plusieurs virus pendant des mois, voire des années, sans symptômes visibles, puis déclencher une virose clinique après un stress important.

Diagnostic des maladies chez les abeilles

Observation clinique au rucher

L’observation régulière du couvain et des abeilles adultes constitue la première étape du diagnostic. Les signaux d’alerte incluent :

couvain irrégulier ;
mortalité inhabituelle ;
abeilles anormales devant la ruche ;
baisse rapide de population.

Limites du diagnostic visuel

De nombreuses maladies présentent des symptômes proches. Une virose peut être confondue avec une intoxication, une carence nutritionnelle ou une autre pathologie. Le diagnostic visuel seul reste donc insuffisant dans de nombreux cas.

Analyses de laboratoire

Les analyses de laboratoire, notamment par PCR, permettent d’identifier précisément les agents pathogènes impliqués. Elles sont indispensables en cas de suspicion de maladie réglementée ou de mortalité inexpliquée.

Diagnostic différentiel des principales maladies des abeilles

Le diagnostic différentiel vise à distinguer des pathologies aux symptômes similaires afin d’adapter correctement la conduite à tenir.

  • DWV vs CBPV :
    Le DWV se caractérise par des malformations visibles des ailes dès l’émergence. Le CBPV touche des abeilles adultes noires, glabres et tremblantes, sans déformation des ailes.
  • Viroses vs intoxications :
    Les intoxications provoquent généralement une mortalité brutale et simultanée, sans symptômes morphologiques spécifiques.
  • Viroses vs nosémose :
    La nosémose entraîne diarrhées, affaiblissement progressif et baisse de population, sans malformations.
  • Viroses du couvain vs loques :
    Le couvain sacciforme donne des larves aqueuses non filantes, contrairement à la loque américaine où la masse larvaire est visqueuse et filante.

Cette approche permet d’éviter des décisions inadaptées, comme la destruction inutile d’une colonie.

PathologieSymptômes clésStade touchéDifférence majeure
DWVAiles atrophiées/froissées, abdomen court, abeilles rampantesAbeilles adultesMalformation des ailes visible dès l’émergence
CBPVAbeilles noires, glabres, tremblantes, incapables de volerAbeilles adultes âgéesPas de déformation des ailes
SBVLarves en sac, jaunâtres puis brunies, couvain irrégulierCouvainMort avant métamorphose, aspect aqueux
Loque américaineMasse brunâtre visqueuse après operculation, couvain irrégulierCouvainFilante à l’allumette, spores très résistantes
Loque européenneLarves jaunâtres ou brunies, couvain irrégulierCouvainMoins sévère, souvent réversible si conditions améliorées
NosémoseDiarrhée, abeilles affaiblies, baisse de populationAbeilles adultesPas de malformation, symptômes digestifs
Ce tableau permet d’identifier rapidement la maladie la plus probable selon les symptômes observés.

Prévention et biosécurité au rucher

Bonnes pratiques apicoles

La prévention repose avant tout sur :

  • une lutte rigoureuse contre le varroa ;
  • le renouvellement régulier des cires de couvain ;
  • la désinfection du matériel ;
  • la limitation des échanges de cadres entre ruches.

Maintien de colonies fortes

Des colonies bien nourries, disposant de réserves suffisantes en miel et en pollen, résistent mieux aux maladies. Une bonne ventilation et une protection contre l’humidité sont également essentielles.

Sélection génétique

Certaines lignées d’abeilles présentent de meilleures capacités d’hygiène comportementale, limitant la propagation des agents pathogènes au sein de la colonie.

Peut-on traiter les maladies bactériennes et virales des abeilles ?

Il n’existe aucun traitement curatif contre les maladies virales des abeilles. La stratégie repose exclusivement sur la prévention et la réduction des facteurs de stress.

Concernant les maladies bactériennes, l’usage des antibiotiques est interdit ou strictement encadré. La gestion repose sur des mesures sanitaires strictes, pouvant aller jusqu’à la destruction des colonies infectées.

Attention aux antibiotiques!

L’utilisation illégale d’antibiotiques peut rendre le miel impropre à la consommation et exposer l’apiculteur à des sanctions.

Rôle de l’apiculteur dans la surveillance sanitaire collective

L’apiculteur joue un rôle clé dans la surveillance des maladies :

  • déclaration obligatoire des maladies réglementées ;
  • collaboration avec les GDSA et réseaux sanitaires ;
  • vigilance constante au rucher.

La santé des abeilles repose sur une responsabilité collective.

FAQ – Maladies bactériennes et virales des abeilles

Quelles sont les principales maladies bactériennes des abeilles ?

Les principales maladies bactériennes des abeilles sont la loque américaine, causée par Paenibacillus larvae, et la loque européenne, due à Melissococcus plutonius. Elles touchent principalement le couvain et peuvent affaiblir gravement, voire détruire, des colonies entières.

Quelle est la différence entre la loque américaine et la loque européenne ?

La loque américaine est une maladie très grave et réglementée, produisant des spores extrêmement résistantes capables de survivre plusieurs décennies. Elle impose souvent la destruction des colonies.
La loque européenne est généralement moins sévère, non sporulante, et peut parfois régresser si les conditions de la colonie s’améliorent.

Quelles sont les principales maladies virales des abeilles ?

Les virus les plus fréquemment rencontrés chez l’abeille domestique sont :
Le virus des ailes déformées (DWV),
Le virus du couvain sacciforme (SBV),
Le virus de la paralysie aiguë (ABPV),
Le virus de la paralysie chronique (CBPV),
Le virus de la reine noire (BQCV).

Comment reconnaître une maladie virale chez les abeilles ?

Les maladies virales se manifestent par des symptômes variables : ailes déformées, abeilles rampantes ou tremblantes, abeilles noires et glabres, couvain irrégulier ou chute brutale de la population. Toutefois, certaines colonies peuvent être porteuses de virus sans aucun symptôme visible.

Quel est le rôle du varroa dans les maladies virales ?

Varroa destructor est le principal facteur aggravant des maladies virales. Il inocule directement les virus dans l’organisme des abeilles lors de ses piqûres et affaiblit leur système immunitaire, favorisant l’expression clinique des viroses.

Une colonie peut-elle être porteuse de virus sans être malade ?

Oui. De nombreuses colonies hébergent plusieurs virus de manière asymptomatique. La maladie se déclare généralement à la suite d’un stress important : forte infestation de varroa, carence alimentaire, conditions climatiques défavorables ou présence d’autres maladies.

Existe-t-il un traitement contre les maladies virales des abeilles ?

Non. Il n’existe actuellement aucun traitement curatif contre les maladies virales des abeilles. La prévention repose sur la maîtrise du varroa, le maintien de colonies fortes et la réduction des facteurs de stress.

Peut-on traiter les maladies bactériennes des abeilles ?

L’usage des antibiotiques est interdit ou strictement encadré en apiculture. La gestion des maladies bactériennes repose sur des mesures sanitaires strictes : destruction des colonies infectées dans certains cas, désinfection du matériel et contrôle rigoureux des ruchers voisins.

Le miel d’une ruche malade est-il consommable ?

Le miel issu d’une ruche atteinte de maladie virale n’est généralement pas dangereux pour l’homme. En revanche, en cas de loque américaine ou d’utilisation illégale d’antibiotiques, le miel peut être impropre à la consommation et doit être écarté.

Comment éviter la propagation des maladies dans un rucher ?

Il est essentiel de :
Lutter efficacement contre le varroa,
Renouveler régulièrement les cires,
Désinfecter le matériel apicole,
Éviter l’échange de cadres douteux,
Limiter le pillage entre colonies fortes et faibles.

Quels sont les signes d’alerte à surveiller au rucher ?

Les principaux signaux d’alerte sont :
Couvain irrégulier ou clairsemé,
Mortalité inhabituelle,
Présence d’abeilles anormales devant la ruche,
Baisse rapide de population sans cause évidente.

Quand faut-il faire appel à un laboratoire ou à un vétérinaire ?

En cas de mortalité importante, de symptômes atypiques ou de suspicion de maladie réglementée, il est recommandé de faire confirmer le diagnostic par un vétérinaire ou un laboratoire spécialisé via des analyses adaptées (PCR).

Les maladies des abeilles sont-elles dangereuses pour l’homme ?

Non. Les maladies bactériennes et virales des abeilles ne sont pas transmissibles à l’homme. Les risques concernent uniquement la sécurité sanitaire des produits de la ruche en cas de pratiques apicoles interdites.

Une colonie atteinte peut-elle se rétablir ?

Dans certains cas, notamment pour les viroses ou la loque européenne, une colonie peut se rétablir si les conditions s’améliorent rapidement (baisse de la pression de varroa, bonne nutrition, population suffisante). En revanche, une colonie atteinte de loque américaine est rarement récupérable.

Pourquoi la prévention est-elle essentielle en apiculture ?

Parce que la majorité des maladies des abeilles ne disposent pas de traitement curatif. La prévention, la surveillance régulière et une bonne conduite apicole restent les seuls moyens efficaces de protéger durablement les colonies.

Sources scientifiques et institutionnelles

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