La maladie noire des abeilles (CBPV) : comprendre, reconnaître et agir
Quand on passe du temps au rucher, on apprend vite que toutes les maladies ne se manifestent pas de la même manière. Certaines s’installent discrètement, d’autres frappent brutalement. La maladie noire, liée au CBPV (Chronic Bee Paralysis Virus), fait partie de celles qui marquent les esprits. La première fois que je l’ai observée, c’était au printemps, devant une ruche pourtant très prometteuse.
Des abeilles noires, brillantes, tremblantes, incapables de voler… un spectacle déroutant, et souvent inquiétant pour l’apiculteur.
La maladie noire des abeilles (CBPV) : comprendre, reconnaître et agir
Quand on passe du temps au rucher, on apprend vite que toutes les maladies ne se manifestent pas de la même manière. Certaines s’installent discrètement, d’autres frappent brutalement. La maladie noire, liée au CBPV (Chronic Bee Paralysis Virus), fait partie de celles qui marquent les esprits. La première fois que je l’ai observée, c’était au printemps, devant une ruche pourtant très prometteuse.
Des abeilles noires, brillantes, tremblantes, incapables de voler… un spectacle déroutant, et souvent inquiétant pour l’apiculteur.
Qu’est-ce que la maladie noire (CBPV) ?
La maladie noire est une affection virale bien connue des apiculteurs européens. Elle est causée par le Chronic Bee Paralysis Virus, un virus opportuniste qui profite souvent d’un déséquilibre dans la colonie pour s’exprimer. Contrairement à certaines maladies plus sournoises, le CBPV se remarque rapidement… à condition de savoir quoi observer.
Définition du CBPV (Chronic Bee Paralysis Virus)
Le CBPV est un virus qui attaque le système nerveux des abeilles adultes. Il provoque des troubles moteurs, une perte de pilosité et, à terme, la mort de l’individu. Le terme de maladie noire vient de l’aspect très caractéristique des abeilles touchées : leur abdomen devient lisse, brillant, presque noir, car les poils ont disparu. Ce n’est pas une maladie du couvain, mais bien une affection des abeilles adultes, ce qui la distingue nettement d’autres pathologies apicoles.
Un virus ancien mais toujours d’actualité
La maladie noire n’est pas nouvelle. Elle est décrite depuis plusieurs décennies, mais elle reste bien présente dans nos ruchers, notamment au printemps et en été. Ce que j’observe sur le terrain, c’est qu’elle touche souvent des colonies fortes, populeuses, parfois même très productives. Le virus était là, latent, et un facteur déclenchant suffit à le rendre visible.
Comment reconnaître la maladie noire dans un rucher ?

Identifier rapidement la maladie noire permet d’éviter bien des erreurs de conduite. Les symptômes sont assez spécifiques, encore faut-il prendre le temps d’observer calmement ce qui se passe devant et dans la ruche.
Symptômes visibles sur les abeilles
Les signes les plus frappants apparaissent souvent à l’entrée de la ruche. On observe des abeilles incapables de voler, qui marchent en tremblant, parfois en rond. Leur corps est sombre, luisant, presque comme verni. Elles sont souvent repoussées par les gardiennes et s’accumulent sur la planche d’envol ou au sol. Cette scène, je l’ai vue plusieurs fois, et elle ne laisse jamais indifférent.
Symptômes au niveau de la colonie
À l’échelle de la colonie, la maladie noire se traduit par une chute rapide de la population adulte. La reine continue souvent à pondre normalement, ce qui peut donner une impression trompeuse de bonne santé si l’on ne regarde que les cadres. Pourtant, jour après jour, les abeilles disparaissent, et la dynamique de la ruche s’effondre. Les périodes les plus propices à l’apparition du CBPV sont le printemps et le début de l’été, lorsque la population est dense.
Comment se transmet le CBPV ?
La transmission du virus est directement liée au comportement social des abeilles. Plus elles sont nombreuses et proches les unes des autres, plus le risque augmente.
Transmission directe entre abeilles
Le CBPV se transmet essentiellement par contact direct. Les échanges trophallactiques, le toilettage mutuel et la promiscuité favorisent la circulation du virus. Dans une colonie surpeuplée, le virus peut se propager très rapidement, surtout si plusieurs abeilles sont déjà porteuses sans symptôme apparent.
Facteurs favorisants
Dans mon expérience, la maladie noire apparaît presque toujours dans un contexte de stress. Une météo capricieuse, une miellée interrompue, des manipulations répétées ou un manque de place dans la ruche sont autant de facteurs aggravants. Le virus profite d’un affaiblissement général pour s’exprimer pleinement.

Différence entre la maladie noire et d’autres maladies des abeilles
Il est essentiel de ne pas confondre la maladie noire avec d’autres pathologies, au risque d’adopter une mauvaise stratégie.
Pour une vision globale des maladies bactériennes et virales des abeilles, je vous invite à consulter ce guide complet :
👉 maladies bactériennes et virales des abeilles
Maladie noire vs loques
La confusion est fréquente entre maladies virales et bactériennes. La loque américaine, par exemple, n’a rien à voir avec le CBPV. Elle touche le couvain, produit des odeurs caractéristiques et nécessite des mesures sanitaires bien plus strictes. Si vous souhaitez approfondir ce sujet, un article dédié est disponible ici :
👉 loque américaine
Pourquoi le diagnostic visuel est essentiel
Un bon diagnostic repose sur l’observation attentive. La maladie noire ne laisse pas de traces dans les cellules, pas d’odeur suspecte, pas de larves atteintes. Tout se joue sur le comportement et l’aspect des abeilles adultes. En cas de doute, l’appui d’un GDSA ou d’un technicien sanitaire reste une excellente option.
Que faire face à une suspicion de maladie noire ?
C’est souvent la question qui revient le plus. Et la réponse est parfois déroutante, car il n’existe pas de traitement miracle.
Les bons réflexes immédiats
La première chose à faire est de réduire le stress de la colonie. Limitez les ouvertures inutiles, assurez une bonne ventilation et, si nécessaire, offrez plus d’espace. Dans certains cas, une simple amélioration des conditions suffit à enrayer l’évolution de la maladie. J’ai vu des colonies repartir après quelques semaines de calme.
Ce qui ne fonctionne pas
Il n’existe aucun traitement médicamenteux efficace contre le CBPV. Les solutions miracles trouvées sur internet font souvent plus de mal que de bien. Ajouter des produits sans fondement scientifique ne fait qu’augmenter le stress des abeilles.
Comparaison visuelle des maladies
| Critère | Maladie noire (CBPV) | Loque américaine |
|---|---|---|
| Type d’agent | Virus | Bactérie |
| Abeilles touchées | Adultes | Couvain |
| Symptôme clé | Abeilles noires, tremblantes | Couvain filant |
| Traitement | Aucun spécifique | Mesures sanitaires strictes |
Prévention : limiter le risque de CBPV dans son rucher
Avec le CBPV, la prévention reste votre meilleure alliée. Elle repose sur une conduite apicole équilibrée.
Faut-il s’inquiéter pour la production de miel ?
C’est une inquiétude légitime, surtout lorsque la maladie apparaît en pleine saison.
Impact sur la miellée
Une colonie touchée par la maladie noire voit sa force de travail diminuer rapidement. La production de miel peut s’en ressentir, parfois fortement, surtout si l’atteinte est massive.
Le miel est-il consommable ?
Le CBPV ne présente aucun danger pour l’homme. Le miel récolté reste parfaitement consommable, tant que les règles d’hygiène habituelles sont respectées.
FAQ – Maladie noire des abeilles (CBPV)
La maladie noire est-elle contagieuse entre ruches ?
Elle peut se propager indirectement, notamment par dérive ou pillage, surtout dans des ruchers très denses.
Peut-on sauver une colonie atteinte de CBPV ?
Oui, dans certains cas. En réduisant le stress et en améliorant les conditions, la colonie peut parfois se stabiliser.
À quelle période apparaît le plus souvent la maladie noire ?
Principalement au printemps et en début d’été, lorsque les colonies sont très populeuses.
Le CBPV est-il mortel pour toute la ruche ?
Pas systématiquement, mais il peut entraîner un fort affaiblissement s’il n’est pas pris au sérieux.
Faut-il déclarer la maladie noire ?
Non, ce n’est pas une maladie réglementée, mais il est toujours utile d’en parler à son réseau apicole.
