Acarapisose : comprendre cette maladie respiratoire discrète chez l’abeille
Quand on parle de santé des abeilles, certains noms reviennent souvent au rucher : varroa, loque, nosémose… Et puis il y a des maladies plus discrètes, presque silencieuses, qui avancent à pas feutrés. L’acarapisose fait partie de celles-là.
En tant qu’apiculteur, j’ai appris avec le temps que ce sont parfois les menaces les moins visibles qui fragilisent le plus durablement une colonie. Comprendre l’acarapisose, c’est déjà faire un pas important vers une apiculture plus attentive et plus respectueuse du vivant.
Acarapisose : comprendre cette maladie respiratoire discrète chez l’abeille
Quand on parle de santé des abeilles, certains noms reviennent souvent au rucher : varroa, loque, nosémose… Et puis il y a des maladies plus discrètes, presque silencieuses, qui avancent à pas feutrés. L’acarapisose fait partie de celles-là.
En tant qu’apiculteur, j’ai appris avec le temps que ce sont parfois les menaces les moins visibles qui fragilisent le plus durablement une colonie. Comprendre l’acarapisose, c’est déjà faire un pas important vers une apiculture plus attentive et plus respectueuse du vivant.
Qu’est-ce que l’acarapisose chez l’abeille ?

Définition et origine de la maladie
L’acarapisose est une maladie parasitaire qui touche l’abeille adulte. Contrairement aux affections plus connues qui attaquent le couvain ou se manifestent par des symptômes spectaculaires, celle-ci agit en profondeur, au cœur même du système respiratoire de l’insecte.
Elle est causée par un acarien microscopique qui colonise les trachées, ces petits conduits par lesquels l’abeille respire. Peu à peu, la respiration devient difficile, l’effort plus coûteux, et l’abeille s’épuise.
Cette maladie a été décrite dès le début du XXᵉ siècle, à une époque où elle provoquait de lourdes pertes dans les ruchers européens. Aujourd’hui, elle est moins médiatisée, mais elle n’a pas disparu pour autant.
Acarapis woodi : l’acarien responsable
Le responsable se nomme Acarapis woodi. Invisible à l’œil nu, il vit exclusivement à l’intérieur des trachées thoraciques des abeilles adultes. C’est là qu’il se nourrit, se reproduit et entrave progressivement les échanges d’oxygène.
Son cycle de vie est intimement lié à celui de l’abeille. La femelle pond ses œufs dans les trachées, et les jeunes acariens y passent l’ensemble de leur existence. Cette localisation interne explique pourquoi l’acarapisose est si difficile à détecter sans analyses spécifiques.
Comment se transmet l’acarapisose dans une colonie ?
Modes de contamination entre abeilles
La transmission de l’acarapisose se fait essentiellement par contact direct entre abeilles adultes. Les moments où la colonie est resserrée, comme durant l’hivernage, favorisent ces échanges rapprochés.
Les jeunes abeilles sont particulièrement sensibles, car leurs trachées sont encore souples et plus faciles à coloniser par l’acarien.
Dans un rucher, les dérives d’abeilles, les pillages ou encore certaines manipulations peuvent également contribuer à la diffusion du parasite d’une colonie à l’autre.
Facteurs favorisant le développement
Avec les années, j’ai observé que l’acarapisose s’installe surtout dans des colonies déjà fragilisées. Le froid, l’humidité persistante, une mauvaise ventilation de la ruche ou un stress répété affaiblissent les défenses naturelles des abeilles.
Une colonie peu populeuse à l’entrée de l’hiver est particulièrement vulnérable. L’acarien profite alors d’un terrain favorable pour se multiplier discrètement.
Symptômes de l’acarapisose : savoir reconnaître les signaux faibles
Symptômes individuels chez l’abeille
L’un des premiers signes que l’on peut observer, ce sont des abeilles incapables de voler correctement. Elles rampent devant la ruche, semblent désorientées, parfois avec les ailes légèrement écartées ou mal positionnées.
Ce comportement est lié à l’épuisement respiratoire. L’abeille manque d’oxygène et n’a plus l’énergie nécessaire pour décoller ou maintenir un vol stable.
Signes observables à l’échelle de la colonie
À l’échelle de la ruche, l’acarapisose se manifeste souvent par une dépopulation lente mais constante. La colonie peine à se développer au printemps, malgré des conditions météo favorables.
En sortie d’hiver, on peut également constater une mortalité anormalement élevée sans cause évidente. Ce sont ces situations, parfois frustrantes pour l’apiculteur, qui doivent inciter à envisager cette maladie encore trop souvent oubliée.
Diagnostic : pourquoi l’acarapisose passe souvent inaperçue
Acarapisose et autres affections : ne pas confondre
Différences avec les maladies bactériennes et virales
Il est essentiel de distinguer l’acarapisose des maladies bactériennes et virales des abeilles, qui obéissent à des mécanismes très différents.
Différences avec les parasites externes de la ruche
Contrairement aux parasites visibles comme le varroa, l’acarien de l’acarapisose reste caché toute sa vie. Cette différence fondamentale explique pourquoi la lutte et la surveillance ne peuvent pas être abordées de la même manière.
Pour une vision d’ensemble et replacer l’acarapisose parmi les autres menaces sanitaires, je vous invite à consulter ce dossier complet sur les parasites des abeilles et leurs traitements, qui permet d’adopter une approche globale et cohérente de la santé du rucher.
| Affection | Localisation | Symptômes dominants | Détection |
|---|---|---|---|
| Acarapisose | Trachées | Abeilles rampantes, épuisement | Analyse laboratoire |
| Varroose | Externe / couvain | Malformations, affaiblissement | Observation directe |
| Nosémose | Intestin | Diarrhées, baisse de vitalité | Analyse microscopique |
Peut-on traiter l’acarapisose aujourd’hui ?
Situation réglementaire et traitements existants
Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement spécifiquement homologué contre l’acarapisose dans de nombreux pays européens. Les anciennes méthodes, parfois efficaces, ne correspondent plus aux exigences actuelles en matière de résidus et de respect de l’abeille.
Cela peut sembler décourageant, mais cette réalité nous pousse à adopter une approche plus globale et préventive.
Mesures apicoles favorables à la résilience
Avec l’expérience, j’ai appris que des colonies fortes et bien conduites résistent mieux. Le renouvellement régulier des reines, une sélection douce sur la vitalité et une conduite de rucher adaptée au climat local jouent un rôle clé.
Dans le Jura, où les hivers sont longs, l’aération et la gestion de l’humidité sont essentielles pour limiter les conditions favorables à l’acarien.
Prévention : protéger ses colonies sur le long terme

Bonnes pratiques apicoles
Prévenir l’acarapisose, c’est avant tout observer. Observer les abeilles à l’entrée de la ruche, leur comportement, leur capacité à voler.
C’est aussi éviter de cumuler les stress : manipulations excessives, nourrissements inadaptés ou transvasements inutiles fragilisent les colonies.
Importance du suivi sanitaire global
L’acarapisose ne doit jamais être envisagée isolément. Elle s’inscrit dans un équilibre sanitaire global, où d’autres menaces peuvent coexister.
Des parasites émergents comme le petit coléoptère de la ruche rappellent à quel point une vigilance constante est indispensable pour préserver nos abeilles sur le long terme.
FAQ – Acarapisose
L’acarapisose est-elle encore présente en France ?
Oui, même si elle est moins fréquente qu’autrefois, elle n’a jamais totalement disparu et peut encore être détectée ponctuellement.
Est-ce une maladie mortelle pour les colonies ?
Elle est rarement foudroyante, mais elle peut affaiblir durablement une colonie jusqu’à sa disparition si les conditions sont défavorables.
Peut-on confondre acarapisose et varroa ?
Très facilement. Les deux affaiblissent les abeilles, mais leurs mécanismes et leurs signes diffèrent profondément.
Faut-il déclarer l’acarapisose ?
Cela dépend de la réglementation en vigueur et du contexte local. Un vétérinaire ou un laboratoire peut vous orienter.
Les colonies fortes sont-elles protégées ?
Elles sont plus résistantes, mais aucune colonie n’est totalement à l’abri. La prévention reste essentielle.
