Acariose : définition et usage en apiculture
L’acariose est une maladie respiratoire des abeilles adultes, provoquée par un acarien microscopique, Acarapis woodi, qui s’installe dans les trachées de l’insecte. Le parasite perce la paroi trachéale pour se nourrir d’hémolymphe, ce qui obstrue progressivement les voies respiratoires et affaiblit l’abeille. Cette maladie, autrefois redoutée sous le nom de « maladie de l’île de Wight », est aujourd’hui moins fréquente en Europe mais reste surveillée dans les ruchers.
Contexte d’usage
Le terme acariose revient lors d’un diagnostic de laboratoire face à des abeilles montrant des difficultés de vol ou des ailes en position anormale, sans pour autant présenter les signes typiques d’une infestation de varroa. Comme l’acarien responsable est invisible à l’œil nu et vit à l’intérieur du corps de l’abeille, le diagnostic ne peut se faire que par dissection et examen microscopique des trachées. Les apiculteurs évoquent souvent l’acariose en comparaison avec le varroa pour bien distinguer les deux parasites, car la confusion entre les deux est fréquente chez les débutants.
Ce qu’il faut retenir
- Parasite interne et invisible : Acarapis woodi vit à l’intérieur des trachées de l’abeille, contrairement au varroa qui se fixe à l’extérieur du corps.
- Symptômes peu spécifiques : abeilles incapables de voler, ailes écartées en position anormale (« K-wing »), abdomen distendu — des signes qui peuvent évoquer d’autres pathologies.
- Diagnostic uniquement par dissection : seule l’observation microscopique des trachées en laboratoire confirme la présence de l’acarien.
- Incidence en déclin en Europe occidentale : la prévalence de l’acariose a fortement diminué depuis les décennies 1990-2000, notamment grâce à la sélection de souches d’abeilles plus résistantes.
- Pas de traitement chimique ciblé homologué : la gestion repose surtout sur le renouvellement des reines et la sélection génétique plutôt que sur un traitement acaricide spécifique.
Termes liés
- Acarien abeille — terme générique regroupant tous les acariens parasites de l’abeille, dont Acarapis woodi (acariose) et Varroa destructor (varroase) sont les deux représentants principaux.
- Varroa — acarien externe beaucoup plus répandu et dommageable aujourd’hui, qui se fixe sur le corps de l’abeille et transmet plusieurs virus, à ne pas confondre avec l’acarien trachéal de l’acariose.
- nosémose — maladie intestinale d’origine parasitaire qui peut coexister avec l’acariose et partager certains symptômes d’affaiblissement général de la colonie.
- Parasite abeille — catégorie large incluant acariens, champignons et insectes nuisibles qui colonisent la ruche ou le corps de l’abeille.
L’acariose est-elle encore un problème en France aujourd’hui ?
Sa prévalence a fortement diminué par rapport aux décennies précédentes, mais des foyers ponctuels existent toujours. Elle reste surveillée dans les bilans sanitaires de rucher, notamment en cas de mortalité inexpliquée.
Comment différencier l’acariose du varroa sans laboratoire ?
C’est très difficile à l’œil nu. Le varroa est visible directement sur le corps de l’abeille ou dans les cellules de couvain, alors que l’acarien de l’acariose est invisible car interne. Seule une dissection des trachées permet de confirmer l’acariose.
Existe-t-il un traitement spécifique contre l’acariose ?
Il n’existe pas de traitement acaricide ciblé largement homologué comme pour le varroa. La gestion repose principalement sur le renforcement des colonies, le renouvellement régulier des reines et la sélection de lignées résistantes.
