La nosémose chez l’abeille : comprendre cette maladie discrète mais redoutable
Quand on débute en apiculture, on s’attend à reconnaître les maladies à l’œil nu. Une larve anormale, une odeur suspecte, un couvain clairsemé. Pourtant, avec les années, j’ai appris que certaines menaces avancent en silence, sans signe spectaculaire.
La nosémose fait partie de ces maladies sournoises, capables d’affaiblir une colonie entière sans jamais vraiment se montrer. Elle ne fait pas de bruit, elle ne sent pas mauvais… mais elle use les abeilles de l’intérieur.
La nosémose chez l’abeille : comprendre cette maladie discrète mais redoutable
Quand on débute en apiculture, on s’attend à reconnaître les maladies à l’œil nu. Une larve anormale, une odeur suspecte, un couvain clairsemé. Pourtant, avec les années, j’ai appris que certaines menaces avancent en silence, sans signe spectaculaire.
La nosémose fait partie de ces maladies sournoises, capables d’affaiblir une colonie entière sans jamais vraiment se montrer. Elle ne fait pas de bruit, elle ne sent pas mauvais… mais elle use les abeilles de l’intérieur.
Qu’est-ce que la nosémose chez les abeilles ?
Définition et origine de la maladie
La nosémose est une maladie parasitaire interne qui touche principalement les abeilles adultes. Contrairement à de nombreuses pathologies visibles du couvain, elle agit dans l’intimité du tube digestif, là où l’on ne regarde jamais. Elle est causée par des microsporidies, des parasites microscopiques qui colonisent les cellules intestinales des abeilles.
Sur le terrain, cela signifie une chose très concrète : une abeille atteinte continue souvent à travailler, mais elle s’épuise plus vite, vit moins longtemps et devient moins efficace. Individuellement, cela passe inaperçu. Collectivement, c’est parfois un désastre.
Nosema apis et Nosema ceranae : deux agents, deux dynamiques
Il existe deux espèces principales responsables de la nosémose : Nosema apis, historiquement connue en Europe, et Nosema ceranae, plus récente et aujourd’hui largement dominante.
La première est plutôt associée aux printemps froids et humides. La seconde, plus insidieuse, agit toute l’année et supporte mieux les températures élevées. Dans la pratique, on ne fait pas la différence à l’œil nu. Seule l’analyse permet de savoir à quoi l’on a affaire, mais les conséquences sur la colonie restent similaires : affaiblissement progressif et perte de vitalité.
Cycle de développement de la nosémose dans la colonie

Contamination et transmission entre abeilles
La contamination se fait presque toujours par ingestion de spores. Une abeille nettoie une cellule souillée, consomme une nourriture contaminée ou partage une trophallaxie avec une congénère infectée. Les spores pénètrent alors dans l’intestin et s’y multiplient rapidement.
Ce que j’ai constaté au fil des saisons, c’est que la nosémose profite surtout des moments où la ruche vit en vase clos : fin d’hiver, redémarrage printanier, périodes de disette. Le parasite circule alors facilement d’abeille en abeille.
Facteurs favorisant l’apparition de la nosémose
La nosémose n’apparaît jamais par hasard. Elle s’installe lorsque la colonie est fragilisée. Les hivers longs, les printemps humides, un confinement prolongé ou une alimentation de mauvaise qualité créent un terrain idéal. Le stress, qu’il soit climatique ou lié à des manipulations trop fréquentes, joue également un rôle majeur.
Symptômes de la nosémose : reconnaître une colonie atteinte
Signes visibles à l’échelle de la ruche
C’est là toute la difficulté. Une colonie atteinte de nosémose ne présente souvent aucun signe spectaculaire. On observe surtout un retard de développement au printemps, une population qui peine à croître, une activité timide aux beaux jours. La ruche semble vivante, mais jamais vraiment dynamique.
Dans certains cas, on note une consommation excessive des réserves, comme si la colonie peinait à transformer l’énergie ingérée en travail efficace.
Symptômes individuels chez les abeilles
À l’échelle de l’abeille, les signes sont encore plus discrets. Les butineuses vivent moins longtemps, les nourrices s’épuisent rapidement, et la rotation des générations s’accélère. Contrairement aux idées reçues, les fameuses traces de diarrhée ne sont ni systématiques ni fiables, surtout avec Nosema ceranae.
Comment diagnostiquer la nosémose avec fiabilité
Impacts de la nosémose sur la colonie et la production
Conséquences sur la vitalité de la colonie
Une colonie touchée par la nosémose devient plus vulnérable à l’ensemble des parasites des abeilles et aux maladies opportunistes. Le système immunitaire collectif s’affaiblit, et les équilibres internes se rompent progressivement.
👉 Pour une vision plus globale de ces interactions, je vous invite à consulter ce dossier complet sur les parasites des abeilles et leurs traitements.
Prévenir la nosémose : bonnes pratiques apicoles
Hygiène du rucher et du matériel
Avec le temps, j’ai appris que la prévention commence toujours par des gestes simples. Le renouvellement régulier des cadres, une hygiène rigoureuse du matériel et une gestion raisonnée des colonies faibles réduisent considérablement les risques. La nosémose adore les vieilles cires saturées de spores.
Gestion de l’alimentation et du stress
Une alimentation de qualité, bien adaptée à la saison, renforce la résistance naturelle des abeilles. Éviter les nourrissements inadaptés et limiter les manipulations inutiles pendant les périodes sensibles sont des choix qui font toute la différence sur le long terme.
| Facteur | Risque élevé de nosémose | Risque limité |
|---|---|---|
| Hygiène des cadres | Cires anciennes | Renouvellement régulier |
| Conditions climatiques | Humidité prolongée | Bonne ventilation |
| Stress | Manipulations fréquentes | Gestion douce |
Nosémose et maladies associées : ce qu’il faut savoir
Différences avec les mycoses du couvain
La nosémose est parfois confondue avec certaines maladies fongiques, notamment celles touchant le couvain. Pourtant, les mécanismes sont très différents. La nosémose concerne exclusivement les abeilles adultes, là où des pathologies comme la mycose du couvain, causée par Ascosphaera apis, affectent directement les larves.
Si ce sujet vous intéresse, je vous conseille cet article dédié à la mycose du couvain
FAQ – Nosémose
La nosémose est-elle mortelle pour une colonie ?
Pas toujours, mais elle peut conduire à un affaiblissement irréversible si elle n’est pas prise en compte.
Peut-on voir la nosémose à l’œil nu ?
Non. Les signes visibles sont trop imprécis pour poser un diagnostic fiable.
À quelle période la nosémose est-elle la plus fréquente ?
Elle est souvent détectée au printemps, mais certaines formes agissent toute l’année.
Une colonie peut-elle se rétablir seule ?
Oui, si elle est forte et bien conduite, mais cela dépend de la charge parasitaire.
Faut-il traiter systématiquement la nosémose ?
Non. Un traitement n’est pertinent qu’après diagnostic confirmé.
